FINANCES : ARRETEZ LES FRAIS !

Proposition G.1 : mieux gérer pour mieux servir.

Gouverner une collectivité, ce n’est pas gérer une entreprise. Les finalités sont différentes et il serait absurde de les confondre. Mais refuser toute exigence de gestion au motif de cette différence serait une erreur tout aussi grave.

L’action publique n’a pas vocation à faire du profit. Elle a en revanche le devoir d’être efficace, responsable et lisible. Une collectivité organise le cadre de vie commun : elle finance des services publics, soutient les activités sportives et culturelles, accompagne le développement économique et investit pour l’avenir. Ces politiques ont un coût assumé collectivement. Aucune n’a pour objectif de générer des bénéfices financiers.

Lorsque certains services publics donnent lieu à une participation financière (cantine scolaire, activités périscolaires, piscine, abonnement culturel), celle-ci ne couvre, dans la grande majorité des cas, qu’une faible part du coût réel, souvent inférieure à un tiers du coût. La collectivité prend donc en charge l’essentiel de la dépense. Cette réalité impose une responsabilité particulière : chaque euro public doit être utilisé avec discernement.

Dépenser mieux, ce n’est pas dépenser moins

Comme : Exiger une gestion rigoureuse ne signifie pas affaiblir le service public. Au contraire. Mieux gérer, c’est se donner les moyens d’agir durablement, de maintenir un haut niveau de service et de préserver l’investissement public. Ainsi, construire un budget ne peut se limiter à équilibrer des lignes comptables. Il s’agit d’analyser chaque centre de coûts, d’évaluer le niveau de dépense au regard du service rendu et de mesurer l’efficacité réelle des politiques menées.

Les dirigeants d’entreprise savent que l’on ne peut améliorer que ce que l’on mesure.

Il en est de même dans nos collectivités. On ne peut décider justement que ce que l’on observe avec précision. L’analyse des dépenses passées, la projection des charges à venir et l’évaluation des politiques menées sont des outils indispensables à la décision publique.

Rechercher l’efficacité n’est pas un gros mot. C’est une condition de la justice sociale et du respect dû aux citoyens qui financent l’action publique par l’impôt.

La gestion est un acte politique

Un projet public ne doit pas être mené pour le simple plaisir de faire, ni par inertie institutionnelle. Il doit répondre à un besoin réel, régulièrement réévalué, et s’inscrire dans une vision d’ensemble.
Cela n’empêche ni l’ambition ni l’enthousiasme. Mais cela impose une exigence : celle de l’intérêt général.

Proposition concrète pour la Métropole de Lyon

Pour que la Métropole de Lyon se dote pleinement de ces règles élémentaires de bonne gestion, une proposition concrète s’impose : Créer une équipe de contrôleurs de gestion centralisée, placée sous l’autorité de la direction des finances, au service de l’ensemble des directions générales.

Cette équipe aurait vocation à conduire des audits internes, à analyser les coûts réels des politiques publiques et à être force de proposition auprès des élus comme de l’administration.

Certes, des contrôleurs de gestion existent déjà au sein de la Métropole de Lyon. Mais ils sont aujourd’hui dispersés dans les directions générales, sous l’autorité hiérarchique directe des directeurs et directrices, avec un rôle principalement tourné vers l’audit des structures externes. Cette organisation limite leur capacité à jouer pleinement leur rôle stratégique.

À chaque niveau de l’action publique, regarder les chiffres en face est une nécessité. Pour garantir la pérennité de nos services publics. Pour orienter les choix politiques en connaissance de cause. Et surtout, pour respecter les citoyens qui financent ces politiques par l’impôt.

Car l’impôt ne peut plus être une variable d’ajustement facile.
Une entreprise mal gérée est sanctionnée immédiatement : son chiffre d’affaires baisse, ses clients se détournent. Une collectivité ne connaît pas ce mécanisme. L’impôt est obligatoire, indépendamment de la qualité de la gestion.

Cette réalité renforce notre responsabilité politique. Elle nous oblige à une exigence supérieure : celle d’une gestion rigoureuse, transparente et assumée.

Mieux gérer, ce n’est pas renoncer à l’ambition publique. C’est lui redonner toute sa crédibilité.

Lionel CLARINI, Meyzieu.